HUMEURS MINIMALISME

Le minimalisme permet-il ma liberté ?

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Je me suis longtemps interrogée sur le phénomène du minimalisme. Peut être d’abord parce que c’est un mot qui me parle. Entre mini, minimal, et ce suffixe, isme… ça me fait penser à isthme. Il y a un côté très reliant dans le minimalisme. Et il y a aussi la sensation de disparaitre, de s’enfouir et de se cacher. Pour se retrouver. Alors je me suis posée une question : dans cette quête, le minimalisme permet-il ma liberté ?

Bref, ça fait des années. D’abord en lisant le blog d’une chic fille. A l’époque, j’avais une conscience de moi limitée. J’aurais du mal à expliquer comment ou pourquoi mais c’est comme si je n’étais pas sûre de mon existence et de son impact. Ca, c’est venu bien plus tard, avec le travail. Tout ça pour dire, que quand je lisais Marie, je me rendais compte que moi je commençais à consommer, et que ça pouvait être dangereux. Bon, je ne vais pas mentir, mais 5 ans plus tard, je me rends bien compte que ça a été dangereux. Je veux dire, je n’ai pas réussi à éviter. J’ai travaillé, pendant mes études, les soirs et les weekend. Et je payais mon train de vie. Alors c’était super chouette cette liberté, sur le coup. Mais c’était pas trop de la liberté. Ca m’a vite dégoûté, de gagner de l’argent pour le dépenser. Bizarrement, ça me dégoute aussi de gagner de l’argent pour le garder. Je me disais surtout « ça sert à rien, faut que ça serve, on va pas tout garder, pour qui ou quoi de toute façon? ». Bref, on peut dire que j’ai été généreuse. Avec moi-même et les autres.

Pourtant on ne peut pas dire que j’étais libre. Parce qu’il y avait une légère compulsion derrière tout ça. Et moi j’en voulais pas. Je sais pas si vous vous souvenez, mais au début, le blog, c’était un blog beauté. Et maintenant, je n’achète même plus de rouge à lèvres. En fait depuis le début de ce confinement, je n’achète plus rien. Enfin, sauf des BD. Mais on en reparlera.

Bref bref bref je pars dans tous les sens et je doute de produire un texte très structuré par ici. Tout ça pour dire (bis) que j’ai relu quelques postes du blog de Marie. Et j’ai ri. De moi bien sûr. Parce que après ces deux mois centrés sur moi, mes petites réflexions, mon petit fonctionnement (et ça fait du bien hein. Bon, c’est limitant mais ça fait du bien), et bien je me voyais déjà maître zen, détachée de mes possessions. En position du lotus, je médite sur le bien fondé de l’existence et me lance dans de grand projets qui vont changer la phase du monde. Apporter de la paix. Je vous vois sourire, et commencer à comprendre pourquoi j’ai ri.

Parce que bien évidemment en deux mois, même si je n’ai eu besoin de rien (et juste envie de toi), et que je n’ai rien acheté, et bien mon rapport aux choses ne m’est pas du tout sorti de la tête. Je n’ai pas forcément gagné en calme. Je l’ai juste pensé différemment mon rapport aux choses. Mais c’était quand même omniprésent. Ouais j’exagère. Pourtant, bien sûr j’ai voulu repenser ma manière de consommer. J’ai voulu interroger ma compulsion. Parce que oui, pour une raison ou une autre je trouve toujours de bonnes idées : le makeup d’abord, puis les fringues, puis la déco, puis les livres et puis tout en même temps quand même parce qu’il faut remplir. Tout remplir, ma tête, mon espace, et puis vider, mon compte en banque, qu’il ne reste rien. Bien sûr que je sais que c’est pas sain. Or ce n’est pas parce que je sais que ça change quelque chose à ce stade.

Et puis me voilà enfermée, avec toutes mes choses ou presque. Et c’est bien, c’est chouette, je ne me sers de rien. Alors après j’ai trié mon dressing, fait une capsule de vêtements que j’aime et que je veux porter jusqu’à la fin de mes jours. Ahahah me voilà minimaliste. Bon, surtout j’aimais l’idée d’afficher mon minimalisme. Il y a toujours un petit trip de l’égo là dedans. Et je dis pas que c’est mal hein, l’égo il te met en mouvement, il te rend vivant car il te fait agir. En revanche, c’était quand même là, alors je l’observais. Mon égo qui veut te montrer à quel point ma vie est pure et belle, comme mes possessions. C’est là que je reboucle avec Marie. Parce que ma volonté de perfection, ou d’afficher ma perfection elle est très forte. Plus forte que tous les trucs qui fonctionnent pas chez moi. Alors je suis sûre que tout ça peut être vertueux au final, le minimalisme, vivre avec moins, faire attention à ses déchets. Mais oui c’est bien à la mode et je pense qu’il faut sérieusement s’interroger sur les raisons qui nous font réaliser ces changements. Bien sûr que protéger la planète intervient à 70% dans ce type de réflexion. Pourtant les 30% qui restent… bah je veux les regarder aussi.

Autre chose que j’avais en tête en commençant cet article : j’ai apprécié ces deux derniers mois où je n’avais besoin de rien. Enfin, de très peu. Bien sûr, pas vraiment de représentation sociale, tout le monde s’en fout de ce que je mets derrière mon micro et mon chat préfère mes jeans à mes robes. Donc bon, pas vraiment de soucis d’image quoi. C’est suffisamment rare pour être souligné. Alors je me suis dit « chouette, je n’ai vraiment pas besoin de grand chose, fuck toutes ces années de questionnement pour trouver mon style ». Et pourtant, j’ai continué de me poser la questions. Forte de cette expérience hors du commun, qu’est-ce que je veux garder avec moi ? Vous l’aurez compris, je n’avais pas réussi à me séparer de l’idée même de possession matérialiste. Alors que je le pensais ! C’est pour ça que ça me fait sourire. C’est dingue de constater à quel point on peut se mentir à soit même. Et ça me fait toujours sourire. Parce que c’est pas grave bien sûr. Y’a pas mort d’homme d’aimer avoir des choses. Enfin, si on cherche vraiment, parfois y’a mort d’homme, pour que t’aies de jolies choses… mais autre débat là, on revient un peu sur son nombril svp.

Qu’est ce qui me reste du coup ? Des étagères épurées avec lesquelles je me sens bien, pas de bordel, une garde robe réduite à l’essentiel (on s’interrogera sur l’essentiel une autre fois promis). Qu’est ce que je fais de tout ça ? Bah j’en sais rien. Je continue de m’interroger et d’explorer mon interrogation. Ca va être long je vous préviens, mais j’ai le temps, je suis en grandes vacances prolongées à durée presque déterminée. ^^ En tout cas ce qui est sûr, c’est qu’à la question « le minimalisme permet-il ma liberté ? », la réponse n’est pas encore oui. Parce que je sais, que le but c’est de se détacher des choses. Or voilà, dans tout ce que je trouve, l’idée c’est plutôt de s’attacher à d’autres choses. Ok on n’achète plus de fringue faites ici et/ou là avec tel matériaux. Mais on continue d’acheté, fait en France et de meilleure qualité. Ok on n’achète plus de produit qui ne soit pas éthique et responsable. Mais en changeant nos habitudes d’entretien ménager, on rachète plein de produits qu’on avait déjà. Oui je sais pas faire au cas par cas. Et oui ça m’amuse d’observer tout ça, mon parcours et mes réflexions. C’est pour ça que je vous le partage après tout.

Bon, je me la pose une dernière fois : le minimalisme permet-il ma liberté ? pas encore. Mais me poser des questions, oui.

A très vite !

Juliette

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