Le confinement – semaine 1

Le confinement – semaine 1

Jamais je n’aurais pu imaginer le confinement, ni vivre un épisode pareil. Quand je dis jamais, c’est probablement faux. Peut être qu’au détour d’un rêve, ou après avoir regardé un film de science fiction, ça aurait pu effleurer mon esprit. Et puis s’échapper, comme toutes ces idées folles en lesquelles on a du mal à croire. Pourtant la réalité s’impose impérativement, et le verre est à moitié plein, ou à moitié vide.

Comme j’aurais aimé écrire et décrire mes pensées de ces derniers jours… Je ne l’ai pas fait principalement par difficulté de tout analyser aussi rapidement. Et puis j’en ai beaucoup parlé. J’ai beaucoup lu aussi et ça faisait trop. Trop de chose à ressentir. Alors je me suis tue et j’ai regardé autour de moi. Toute la semaine.

Avant le confinement

Ce qui me passait par la tête était un mélange de rassurant et d’angoissant. Que faire, où aller, avec qui, rester seule ou pas, et le chat, comment travailler, comment ça va se passer après. Et puis cette réduction des libertés aussi, très stressante, qui sert le ventre, qui tort le cerveau. Et vice versa.

Avant le confinement j’ai passé beaucoup de temps à rassurer aussi. On ne va pas mourir. D’autres personnes peut être alors protégeons tout le monde. Mais les statistiques sont formelles : on ne va pas tous mourir. En revanche les hôpitaux ne sont pas prêts, le système dans sa globalité n’est pas prêt. Et aussi, nous ne sommes pas prêts, à rester chez nous, à ne pas dévaliser les rayons d’oeufs et de papier toilette. L’humanité n’est pas prête. Pourtant j’avais confiance : dans ces grands changements, on peut grandir plus vite, s’adapter rapidement. On est capable. En tout cas je me sentais capable. Je me souviens avoir pensé à tout ce que j’allais pouvoir faire et accomplir.

Ces premiers jours

Je ne suis pas optimiste sur la durée de cette période. Je pense que dans deux mois nous serons toujours là. Tout ça va avoir un impact très fort sur le système économique. Au début en tout cas, il a fallu s’organiser, trouver un moyen d’occuper le temps. Car le travail ne suffit pas, ne suffit plus. Je culpabilise de cette pensée égoïste, mais quelle période pour changer de travail… ne plus voir mes collègues avant de quitter l’entreprise est un crève coeur. C’est aussi particulièrement stressant de ne pas vraiment savoir de quoi sera fait mon quotidien à partir du mois de juin…

Trouver sa place, trouver son rythme. Trouver du sens aussi. Enchaîner des réunions virtuelles pour écouter parler les autres. Etre privée de l’énergie du rapport et de l’échange, c’est difficile. Notamment quand tout ton fonctionnement est basé là dessus. Alors certes, c’est possible de travailler dans son salon, de rigoler face caméra. Mais putain ça ne remplacera jamais un vrai échange avec quelqu’un.

Organiser les temps et les priorités. Rapidement s’impose la nourriture. C’est à la fois le moment de plaisir et la récréation ultime. C’est aussi l’espace de libre expression de ma créativité. Associer les aliments, procurer du plaisir. Apporter un peu de bonheur. Je crois que c’est le sens de ma vie. Forcément plus mes interactions sont limitées, plus ce sens perd de son intensité.

C’est difficile de sentir se déliter ce qui composait le quotidien encore quelques jours auparavant.

Les solutions

Assez naturellement ça me semble difficile d’attendre. Difficile d’être passive et de regarder le temps passer. En même temps, à quel moment dans la vie est-il à ce point possible de ralentir et d’appuyer sur pause sans mettre à mal quelque chose volontairement ? Cet espace temps qui m’est octroyé, je veux m’en servir, l’utiliser, en profiter. Je pensais que ce serait mon temps de voyage au Japon, temps auquel j’ai bien sûr renoncé. Alors je souhaite que ce confinement soit cet espace de découverte. D’accomplissement, de création.

Je l’ai déjà dit, tout tourne autour des repas, pour l’instant. C’est le moyen simple que j’ai identifier pour procurer un peu de bonheur au quotidien. Mixer les légumes, le poisson, les pâtes. Faire de « jolies » assiettes. Avec ma définition. Je n’élabore pas de la cuisine de restaurant. Juste de la cuisine qui fait du bien. Qui m’occupe aussi. Alors je vous laisse quelques idées juste après, et je pense que si le coeur m’en dit, je détaillerai quelques recettes dans des articles pour la suite du confinement. Histoire d’aider les inspirations de chacun. Moi aussi je recherche, presque constamment, à éveiller mon esprit. Je ne veux pas qu’il s’endorme. Je veux qu’il soit à l’affut.

Pour autant je n’ai pas l’impression de meubler un temps qui serait sinon destiné à l’ennui. Pour l’instant en tout cas je suis toute tournée sur l’activité, l’appropriation d’un environnement. Créer du lien autrement. En même temps j’ai la sensation très forte de m’être renfermée en moi. Je n’ai pas l’impression que les autres me manquent encore. Ma vie oui peut être, mais pas encore les gens. Ils m’ont trop remplie pendant cette dernière année. Je suis heureuse de constater qu’il n’y a plus de vide quand les gens ne sont pas là. Je suis heureuse de constater que ça va mieux, que j’ai moins peur, que j’ai moins mal. Trouver des solutions a toujours été une manière naturelle pour mois d’appréhender tous les évènements de ma vie.

J’ai hâte de pouvoir faire le bilan de ce que ces quelques semaines ou mois auront pu faire évoluer. Evoluer chez moi, évoluer autour de moi, évoluer partout dans le monde.

A très vite pour de prochaines recettes, ou d’autres pensées envahissantes à partager 😉

Juliette

Cet article a 5 commentaires

  1. Marie

    Hello ! Super article, je me sens moins seule 🙂 Gros bisous ma belle

    1. cdj

      Hello Marie !
      Merci pour ton message, j’imagine que pendant cette période on vit tous des choses un peu étrange. J’espère que tout se passe bien pour sistersrepublic… 🙂

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