HUMEURS

Les couleurs sombres, la quête identitaire

les couleurs sombres

Ces dernières semaine ayant été particulièrement éprouvantes, je me rends compte que je suis de plus en plus attirée par les couleurs sombres. Je veux du contraste. Pas de noir, mais les nuances foncées : du vert sapin, du rouille, du bleu nuit, du bordeaux…

Le changement de saison est probablement lié à ce changement de registre. C’est aussi un phénomène intéressant, de constater que la découverte de ma personne a engendré une volonté d’affirmation qui passe aussi par la couleur. Je suis sortie il y a peu d’une phase très effacée, très pastel. Une période où j’ai volontairement et inconsciemment décidé de m’oublier. Décidé de ne pas écouter ce que je voulais. Perdu une certaine substance.

Je trouve ça difficile de se remettre de ce passage là, et encore plus difficile d’appréhender la redécouverte de soi qui est liée au vide qui s’installe. Pourtant, assez naturellement, la renaissance s’est manifestée par un renouement avec l’enfance. Qu’est ce qui me faisait plaisir à l’époque, de quoi je me nourrissais ? C’est comme si j’avais la possibilité de recommencer. Pas à zéro, non, mais avec le sentiment d’une nouvelle chance qui s’offre à moi.

Pourtant, ce travail de découverte de soi, je le trouve particulièrement difficile, triste, douloureux par moment. Par certains aspects, c’est surtout fantastique, incroyable, vibrant. C’est tout ce relief d’émotions et de sensations que je cherche à représenter et comprendre avec les couleurs. D’ailleurs je me souviens qu’enfant, je ne portais que des couleurs très vives. Les couleurs sombres, c’est un peu la prochaine étape.

Le retour du contraste

J’y pensais en écrivant l’article sur les petites choses qui peuvent rendre heureux. Le sombre est parfois une entité à éclairer. Pourtant je pense désormais que c’est aussi très important de le laisser s’installer dans toute sa profondeur. De le laisser éclore. De s’en imprégner. Explorer le sombre c’est aussi se donner la possibilité de saisir de manière plus authentique ce qui nous caractérise.

Ce qui s’impose particulièrement, c’est la nécessiter d’accepter le contraste. Accepter de ne plus être aussi lisse. J’ai passé de nombreuses années à pourchasser sans vraiment le vouloir un idéal. A construire une image parfaite. Seulement, quand l’idéal se détache du réel, le sentiment de dissociation est très violent. Alors accepter d’être un être humain, complexe, qui change, évolue, dont les désirs et l’image n’est pas figée, c’est un défi. L’enjeu c’est aussi de prendre en compte toute l’étendue de l’humeur et du comportement. Jusqu’à présent, je me suis contentée d’un rôle imaginé et créé. Un rôle que j’interprétais à la perfection. Celui de la personne heureuse, pleine d’énergie, toujours joyeuse. Toujours prête à aider, toujours partante, qui ne dit jamais non. Qui a peur d’être rejetée, qui donne beaucoup aux autres. De son temps, de son énergie, de ses sourires.

La volonté très forte de laisser la place à une personne plus forte, plus vulnérable, plus complexe me donne aujourd’hui de nouvelles perspectives. J’y reviendrai sûrement car il y a parfois ces moments dans la vie où tout semble s’effondrai, et tout semble s’éclairer en même temps.

Désormais je veux apprivoiser la couleur, peut importe sa teinte. Apprivoiser l’émotion qui se cache derrière et autour également. Accepter le moment, quel qu’il soit. Et raconter les étapes du chemin de la vie.

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